Béziers : La gauche à l’heure des choix

 

Expatrié depuis de nombreuses années, je n’en demeure pas moins fortement attaché à ma ville, Béziers. Je ne m’exprime pas ici en tant qu’historien de la ville et de sa région, mais comme citoyen et comme militant socialiste : un citoyen inquiet et conscient de la difficulté qu’il y a à intervenir ainsi à distance; un militant socialiste effaré par le spectacle donné par la gauche languedocienne et conscient des espoirs déçus aux niveaux local et national. Loin de moi l’envie ou l’idée de donner des leçons aux militants et sympathisants sur le terrain, mais dans de telles circonstances, le silence ne serait qu’une lâcheté supplémentaire.

L’élection probable de Robert Ménard, tête liste de l’extrême-droite biterroise, est aussi choquante qu’attendue. Au cœur du vieux Midi Rouge, Béziers, qui s’enorgueillit longtemps de son passé républicain, entre tristement dans le rang d’une France en souffrance, séduite par le populisme xénophobe et sécuritaire de Marine Le Pen. Que la ville de Jean Moulin s’abandonne ainsi aux héritiers de Vichy ne peut toutefois pas surprendre. Ville paupérisée au sein d’un des départements les plus défavorisés de France, rongée par le chômage et minée par les tensions raciales, elle pâtit de quarante ans de gestion calamiteuse. A cet égard, l’élection de Robert Ménard signerait l’échec définitif d’une classe politique et d’élites économiques locales incapables de prendre la mesure des défis du siècle. Aux affaires presque sans discontinuer depuis le début des années 1980, la droite est la première comptable du délitement économique, social et moral de la ville. Pourtant, en rejetant la logique du Front Républicain pour assurer leur présence au second tour, les candidats du Parti socialiste et du Front de Gauche – Jean-Michel Du Plaa et Aimé Couquet – garantissent l’élection d’un maire Front National et commettent une faute morale et politique irréparable.

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A message to Felix Marquardt

Felix Marquardt a pris à nouveau sa plume pour encourager la jeunesse de France à quitter un pays sclérosé pour chercher la fortune qu’elle mérite; une fortune que des élites vieillissantes lui refuse. Ce billet a été rédigé à l’attention de Felix… in the original…

“Dear Felix,

We never met, despite your best efforts. Making it in this world ain’t easy when you grew up in the French provinces, so I have been rather busy eking out a living.

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